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Voyager au rythme d’un perezoso ?

Perezoso signifie paresseux … Ici, au Costa Rica, c’est un animal très répandu (Plus d’infos ici).

Une bonne source d’inspiration pour des adeptes du slow voyage, c’est-à-dire voyager tranquillement en privilégiant les transports locaux et les rencontres avec les habitants. Nous pensons que le meilleur moyen de prendre son temps, c’est d’y être obligé. Mais nous sommes parfois rattrapés par notre culture occidentale et nos comportements de vie effrénée. Même si 4 semaines semblent être une durée de voyage relativement longue, l’envie de voir le maximum de choses en un temps limité revient au galop et on ne peut s’empêcher de compter les jours restants.

Après quelques jours dans les montagnes, l’envie de retrouver la mer est là. On réajuste alors notre itinéraire en réservant deux nuits dans un Guest to Guest à Jaco, station balnéaire de la côte Pacifique, puis nous rejoignons Quepos à proximité du parc national Manuel Antonio. On profite pour se baigner dans l’océan et se reposer au bord de la piscine.
Se reposer … C’est un bien grand mot ! Car voyager à cinq (dont un enfant de 2 ans) peut provoquer fatigue, frustration, excitation, énervement, alcoolisme et schizophrénie ! Et on s’éloigne parfois de la sérénité que peut dégager le paresseux…

Alors, avec ce mode de voyage, nous voilà embarqués dans :

… de longs trajets : Pour les parents, moments propices à la réflexion et à la musculation … ou l’art de rester dans une position inconfortable pour une sieste confort + + pour Castille. Pour Axel et Olivia, patience et inventivité pour faire passer le temps.

…de longues attentes : attendre un bus pendant 1 heure sur le bord d’une route n’est pas toujours réjouissant. La Pura Vida s’applique une nouvelle fois ici. Le bus peut aussi bien passer 30 minutes avant ou après l’heure initialement prévue. Mais ce sont aussi des moments comme ceux-là qui forment les souvenirs et donnent l’opportunité d’observer de magnifiques aras « Lapa » aux couleurs éclatantes : jaune, rouge, bleu ou de regarder une chenille tentant de traverser une route sans se faire écraser … mais dont la fin de l’histoire est malheureusement tragique…
C’est aussi l’occasion de baragouiner deux ou trois mots d’espagnol avec la population locale.

Pour pallier à la difficulté de jongler entre ce mode de voyage et le rythme des enfants, nous avons occasionnellement eu recours à la location de voiture. Et on savoure alors cet instant de liberté de pouvoir aller où on veut, quand on veut …

Le voyage, c’est accepter les imprévus, les frustrations… C’est accepter de ne pas tout contrôler…

 

Le voyage, c’est de profiter de l’instant présent… et des rencontres comme celle de Marjorie et sa famille.

On nous avait décrit Quepos comme une ville triste et nous voilà dans une maison haute en couleurs et en bonne humeur ! Marjorie nous accueille à la gare routière sous des trombes d’eau. Elle est accompagnée de Samuel, une belle petite tête blonde aux yeux marrons !
Elle nous conduit jusqu’à sa maison. Passé le portail, on oublie les gouttes et la fatigue du bus, et on découvre notre logement, style bohémien costaricain, pour 3 nuits : Des couleurs partout, des vieux objets, de la récup, des petites lumières, le tout décoré avec harmonie. Le sourire de Marjorie et la joie de vivre de Samuel font nous sentir tout de suite bien, tellement bien qu’on aimerait y rester quelques jours de plus mais le logement n’est pas disponible.
Le lendemain, sur les conseils de notre hôte, on se rend à Biesanz, une plage accessible à pied, se situant peu avant le parc national Manuel Antonio. Nous retrouvons cette petite famille sous un cocotier… enfin à côté car il ne faut pas oublier le risque de se prendre une noix de coco sur la tête !
Olivia et Axel s’essaient au bodyboard dans les vagues. Ils s’amusent comme des petits fous jusqu’à ce qu’une vague emporte Olivia façon « machine à laver » : Écorchures sur le corps, la main et le genou. Après une grosse émotion et de la pommade magique (de l’huile de coco pour stopper le saignement), tout va mieux. Les singes hurleurs et les paresseux arriveront à temps pour redonner le sourire à Olivia. Avec le temps humide, la plaie doit être surveillée mais Marjorie est la reine des remèdes naturels. En guise d’antibiotique, elle lui prépare un mélange de curcuma et de miel à appliquer sur la plaie.

Sur le chemin en rentrant de la plage, en humant les odeurs de Ylang Ylang, elle me raconte que sa grand-mère était chamane, alors elle s’y connait un peu… Dans son jardin, on y trouve d’ailleurs toutes sortes de plantes aromatiques ! « Que linda ! » pourrait-on dire de ce petit coin de paradis mais cette expression est réservée à Castille. Partout où on va, on entend cela. Wyner, l’ami de Marjorie passera beaucoup de temps à jouer avec elle et à lui dire « Guapa ! ». Il est fan des enfants. Axel et Olivia rentreront d’ailleurs de la plage avec eux dans la voiture. Ils s’arrêteront voir un paresseux traverser la route suspendu à un fil spécialement installé pour ces mammifères. Ils discuteront tout le trajet ensemble grâce à Google traduction. Apparemment, un bon moment de rigolade !

Le voyage, c’est aussi accepter d’être dans des zones touristiques…

Difficile d’y échapper, surtout quand on sait qu’à Manuel Antonio, on peut y voir toutes sortes d’animaux en liberté. Rappelons que le Costa Rica renferme 6 % de la biodiversité mondiale sur un territoire représentant 0.03% de la surface du globe. Alors, forcément, ce pays attire foule de touristes et notamment à cet endroit précis. Un certain nombre de dispositions ont alors été prise afin de protéger la vie sauvage : Fermeture du parc à 16h et tous les lundis pour limiter l’affluence, ne pas nourrir les animaux pour garantir leurs instincts naturels, rester sur les sentiers, ne pas emporter de biscuits afin d’éviter les déchets laissés dans la nature. D’ailleurs, une fouille des sacs a lieu à l’entrée du parc.
Nous faisons donc partis de ces personnes avec l’appareil photo autour du cou et Gama sera notre guide pendant 1h30. Il nous montre un bel échantillon de la biodiversité de ce petit parc de 16 km2 : crabe, paresseux, singes, serpents, crocodiles, sauterelles vénéneuses, grenouilles, iguanes, oiseaux, hiboux, daim, termitières, papillons, etc.

Toute la famille repartira ravie de cette ballade entre forêt tropicale et mer. Mais avant, une baignade dans les vagues et un château de sable avec des supers tunnels s’imposent…

 

Pour le répit, on passera une nouvelle fois notre tour ! 

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